Le rasoir d'Ockham : élémentaire, mon Sherlock Holmes

  Le rasoir d’Occam ou rasoir d’Ockham est un principe de raisonnement que l'on attribue au frère franciscain et philosophe Guillaume d'Ockham (XIVe siècle), mais qui était connu et formulé avant lui :
« Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité » (« pluralitas non est ponenda sine necessitate »).
Une formulation plus moderne est que « les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables ». C'est un des principes fondamentaux de la science.
Le rasoir d'Ockham n'est malheureusement pas un outil très incisif, car il ne donne pas de principe opératoire clair pour distinguer entre les hypothèses en fonction de leur complexité : ce n'est que dans le cas où deux hypothèses ont la même vraisemblance (ou poids d'évidence) qu'on favorisera l'hypothèse la plus simple (ou parcimonieuse). Par ailleurs, si le rasoir d'Ockham est une méthode efficace pour obtenir une bonne théorie prédictive, il ne garantit aucunement la justesse d'un modèle explicatif.
Cette nuance entre théorie prédictive et théorie explicative est bien mise en lumière par ce dialogue célèbre :
Napoléon : M. Laplace, on me dit que vous avez écrit ce volumineux ouvrage sur le système de l’Univers sans faire une seule fois mention de son Créateur.
Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.

Le principe du rasoir d’Ockham dans les œuvres de fiction :
Conan Doyle a souvent mis en pratique ce principe dans les déductions de Sherlock Holmes. Umberto Eco a souligné cette filiation dans Le Nom de la rose à travers le personnage de Guillaume de Baskerville. Mark Haddon fait de même dans Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit mais précise que, au contraire de son personnage Sherlock Holmes, Conan Doyle préférait parfois oublier ce principe et croire au surnaturel.
Dans le film Contact, ce principe est énoncé par « deux choses étant égales, la solution la plus simple est toujours la meilleure ». L'héroïne du film, brillante scientifique, utilise ce principe pour justifier son athéisme. Mais ne pouvant pas apporter de preuve de sa rencontre avec des extra-terrestres, elle doit finalement admettre qu'il faut parfois croire et non savoir. Le roman de Carl Sagan permet d'introduire un zeste de doute sur l'existence d'une vie extra-terrestre, sans se prononcer.
Dans l'épisode 4 de la première saison de Pushing Daisies, Ned recourt aussi au principe du rasoir d'Ockham pour confirmer une hypothèse plus que plausible énoncée par Chuck. Finalement, les événements qui suivent démontrent que l'hypothèse est fausse, et que la vérité est bien différente, mais aussi plus absurde. Ledit principe de raisonnement est donc remis en question.
Dans son livre Les Fontaines du paradis, Arthur C. Clarke utilise le rasoir d'Ockham par le biais du « Voyageur des étoiles », pour mettre en évidence que le recours à un être divin est une aberration compliquant le problème initial, pour expliquer les origines de l'univers.

Commentaires (1)

1. Aigaille 11/12/2011

Dans la résolution des énigmes, ou tout autre domaine, l'explication est souvent la plus simple et a toujours été naturelle.
Donc, quelque soit le domaine, si plusieurs possibilités s'offrent a nous, on ne peut pas donner une explication surnaturelle avant d'avoir épuisé les possibilités les plus naturelles

Dans le passé, le fait de n'avoir pas d'explication naturelle a souvent poussé les gens a donner une explication farfelue. Hors, on se rend compte de cet erreur qui autorisait à puiser dans le fantastique simplement par manque de connaissance.

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